HISTORIQUE

du Syndicat d’Initiative de Challes les Eaux

 

            « Connaissance de Challes et de ses Environs » propose, à l’intention de ses adhérents et des générations futures, un historique sommaire du Syndicat d’Initiative de Challes les Eaux. Créé en 1912, il devient en 1977, Office Thermal et Touristique, plus communément appelé OTT.

            Les registres de délibérations du Syndicat d’Initiative de Chambéry, créé en décembre 1895, montrent que les liens qui unissent à cette époque le chef-lieu de la Savoie à Challes les Eaux la « Reine du Souffre ». « Le syndicat d’Initiative de Chambéry-Aix les Bains, dans l’intérêt du département tout entier », (c’est alors son titre) évoque souvent les baigneurs (Curistes) de Challes et le tramway qui est le principal moyen de communication entre notre commune, station thermale et Chambéry.

            En 1900, le Syndicat d’Initiative de Chambéry, accorde un crédit important à la commission des eaux minérales de la Savoie pour l’exposition de 1900 à Paris.

            Challes les Eaux participe à cette action d’envergure. En 1910, à la demande du directeur de l’établissement thermal, c’est encore le Syndicat d’Initiative de Chambéry qui fait poser à ses frais des poteaux indicateurs sur les pentes du Mont Saint-Michel.

            La direction des Thermes est sans aucun doute, en décembre 1912, à l’origine de la création du Syndicat d’Initiative de Challes les Eaux.

            Son historique est résumé à l’aide des faits les plus marquants puisés dans divers documents prêtés par les adhérents ou sympathisants (Registres des délibérations du Conseil d’Administration, Registres des Assemblée Générales, Photographies, Cartes postales, …)

 

 

 

Création officielle

            Le 8 décembre 1912, à la Mairie de Challes les Eaux, est créé un Syndicat d’Initiative dans le but d’améliorer le développement de la station. Sont élus :
Président             Monsieur le Comte de Villette
Vice-président    Monsieur Régnier
Secrétaire            Ernest Pernet
Membres             François Fluttaz, Louis Faure, Joseph Delachat

            Jacques Détraz, Charles Sadoux, Antoine Couter, Paul Poncet, François Ferroud, Aimé Jeannet, Félix Dumollard, Jean Duisit, Claudius Perrotin, Claude Perrotin, Amédée Mollard, Jean Cressens, Mrs Duisit, Bonna, Hyvreux, Navet, Excoffon, Floret, Genevier, Tournafond, Aguettant, Pernet père, Rivière, Monsieur Bernard Directeur des thermes, les Docteur Mathieu, Vincent et Roulin y adhèrent le 22 décembre à l’issue d’une deuxième réunion.

            Les statuts, adoptés à l’Assemblée Générale du 5 janvier 1913, sont déposés en Préfecture le 17.

            Des réparations à faire au Casino, l’étude d’un guide illustré, le projet d’assainissement des marais, un tracé des promenades pour la confection d’une carte indicatrice, sont les premiers vœux du Syndicat d’Initiative qui évoque également un projet de tramway à traction électrique.

            La demande adressée à la municipalité pour le vote d’une subvention destinée à l’émancipation de le Station, une proposition d’annonce vantant Challes les Eaux et la valeur de ses eaux à faire paraître sur des journaux, ainsi que la recherche d’un jeune homme (avec livrée) à la disposition du Syndicat d’Initiative et des étrangers (Baigneurs et touristes), n’obtiennent pas satisfaction. Seule la proposition de sanctionner les non-syndiqués en affichant des tableaux sur lesquels figurent hôtels, villas et commerces syndiqués, se réalise.

            Le 18 janvier 1914, le Docteur Vincent devient président, Monsieur Cellière, directeur de l’établissement thermal, est élu à la vice-présidence.

            Au cours de cette réunion, orageuse semble-t-il, la « chambre » est prise pour base du montant des cotisations des hôtels et des villas. Mais un adhérent fait remarquer que « Dans ce cas les mauvaises chambres payent commes les bonnes, or les villas ont souvent des chambres très modestes, et les hôtels, en général, des chambres confortables et finalement il est admis que dans un même hôtel il y a de bonnes et de mauvaises chambres, et que ces dernières sont louées au rabais aux serviteurs qui accompagnent les maîtres. »

            Le 15 février le Conseil d’Administration, par manque de ressources et parce qu’il estime que l’union des Syndicats d’Initiative de la Savoie est plutôt une Amicale, reporte l’adhésion qu’il avait jugé indispensable l ‘année précédente.

            Une lettre est adressée à Monsieur le Maire de Challes pour demander la réunion extraordinaire du Conseil Municipal, au sujet d’une subvention au Syndicat d’Initiative à voter d’urgence.

            Par ailleurs il est précisé que les membres du Syndicat d’Initiative sont aussi des contribuables et qu’ils paient des deux cotés. Il est demandé « qu’une dame peut être représentée directement par des proches parents même s’ils ne paient pas de cotisation personnelle » ; soit stipulé dans deux articles des statuts.

            Un autre article vise la possibilité, pour le Casino, de fournir une cotisation, si, plus tard, sa situation est prospère. Le préjudice d’un événement imprévu, (un deuxième établissement ou une nouvelle société thermale, par exemple) devrait figurer dans les statuts.

            Sur le procès-verbal du Conseil d’Administration du 5 avril 1914 il est fait état d’une insertion de 5 pages, à titre absolument gratuit, dans le guide du Syndicat d’Initiative de Chambéry. Tiré à 20 000 exemplaires, et spécifique à l’arrondissement, il est destiné plus particulièrement à l’Exposition de Lyon. Publicité, photos à prendre, envois de réclame au corps médical, prospectus à distribuer aux baigneurs, agréments de séjours, promenades et excursions constituent l’essentiel de ce document.

            L’Assemblée générale du 14 mai 1914 décide d’adresser des remerciements à la Société des Forces Motrices du Haut-Grésivaudan, membre bienfaiteur du Syndicat d’Initiative, et de proposer le classement de Challes en station minérale.

            Ceci suppose au préalable le mise à l’étude d’un commencement d’exécution de grands travaux d’hygiène (adduction d’eau, enterrement des fumiers, tout à l’égout, etc…).

            Le docteur Vincent après avoir signalé que la Société des Eaux a pris à sa charge certains frais, pense que par un commun effort avec un complet accord, l’on puisse enfin sortir Challes de sa torpeur et de son inertie.

            Il propose d’engager un employé au Syndicat d’initiative pour accueillir les baigneurs ou autres voyageurs. Les hôtels ont, en général, un porteur mais l’un d’eux s’est mal comporté, ayant été à plusieurs reprises la cause de scandales. Il est également question d’adhérer à une coopérative d’approvisionnement (vins, charbon, comestibles, lingerie, ameublement, etc…) et de donner des étrennes au facteur de la gare de Chambéry si le P.L.M. les autorise à distribuer gratuitement des prospectus et accompagner jusqu’au tramway les baigneurs à destination de Challes les Eaux.

En raison de la grande Guerre ces propositions ne voient pas le jour.